Risques sanitaires liés aux nanoparticules (2/3): où sont les dangers ?

Deuxième épisode de notre série d’été sur les risques sanitaires liés aux nanoparticules. Aujourd’hui, comment draguer sur la plage.
Quoi ? Faut bien attirer du monde non ? Mes stats sont formelles : je suis un peu faible sur la tranche 19-23 ans amateurs de châteaux de sable donc j’essaie de rattraper le coup.
De toute façon, j’ai déjà traité ce sujet. Pour être beau et sexy, prenez des écrans solaires aux nanoparticules pour éviter des coups de soleil disgracieux.

Mais pourquoi tant de circonvolutions ? C’est bien évidemment pour détourner l’attention. Car les nanoparticules sont partout. Oui partout. Toutes petites, invisibles, elles peuvent s’infiltrer partout à notre insu. Au risque de me répéter elles sont partout. Oui partout.

C’est en tout cas la vision anxiogène souvent répandue dans le grand public. Particulièrement chez les 19-23 ans amateurs de châteaux de sable. Et présenté comme ça, ça fait peur effectivement.

C’est pourquoi nous allons clarifier un peu tout ça pour apaiser le débat.

Comment peut-on être exposé aux nanoparticules ?

Pour une personne placée dans un environnement avec des nanoparticules, on peut distinguer plusieurs modes d’exposition :

  • par voie cutanée
  • par voie respiratoire
  • par les yeux
  • par voie digestive

Nous pouvons aussi citer les formes d’absorption volontaire directement par le sang (avec des médicaments) ou dans des aliments.

Pourquoi distinguer ces modes ? Et bien parce que d’une part le mode d’exposition conditionne le mode de protection et d’autre part, nous l’avons dit ici, les nanoparticules n’ont pas le même effet suivant les types de cellules qu’elles touchent. Pour reprendre notre exemple des nanoparticules de dioxyde de titane dans des crèmes solaires, l’exposition par voie cutanée ne présenterait pas de danger alors qu’il est plus probable que ce soit le cas pour l’exposition par voie respiratoire.

A quel moment peut-on être exposé aux nanoparticules?

De ce fait nous pouvons distinguer trois grandes phases d’exposition différentes qui ne touchent pas le même public :

  • à la conception et la production du produit
  • durant la vie du produit
  • à la fin de la vie du produit

La conception regroupe les recherches liées aux nanotechnologies et aux nanosciences dans les laboratoires. Et oui, on ne pense pas assez souvent que pour le moment, les premières personnes à être exposées aux nanoparticules sont les expérimentateurs. Malheureusement, peu de mesures de protections sont prises et cela dépend du bon vouloir de chaque laboratoire.
La production renvoie à la problématique liées aux risques des travailleurs chargés de fabriquer ces produits . C’est pour cette raison que les syndicats se saisissent de la question. Je reviendrai sans doute prochainement sur cette question. (enfin dès que j’aurai écrit mes 42000 posts qui piaffent d’impatience dans ma cave à billets)
La 2ème phase renvoie bien évidemment à la question de l’exposition des consommateurs. Enfin la troisième phase désigne bien sûr le produit une fois qu’il n’est plus utilisé par le consommateur.

Reprenons ces phases avec un exemple totalement nouveau sur ce blog, les crèmes solaires à base de nanoparticules de dioxyde de titane.
Nous l’avons dit, au vue des connaissances actuelles, on peut raisonnablement penser que les nanoparticules de dioxyde de titane ne franchissent pas la barrière de la peau saine. Donc tout va bien pour le consommateur.
Mais pour autant, pour fabriquer ces écrans solaires, les travailleurs peuvent être par exemple exposés à des poudres de dioxyde de titane à incorporer dans la crème  qui pourraient pénétrer dans les poumons.
Par ailleurs, une fois que cette crème est enduite sur la peau, les nanoparticules peuvent ensuite se retrouver dans la nature  après une baignade ou une douche par exemple. Elles peuvent alors interagir avec l’écosystème, notamment la faune aquatique très sensible aux pollutions.

Ainsi, pour un même produit, les risques et les types d’expositions ne sont pas les même suivant les phases d’exposition.

Vous le voyez, il y a pleins de techniques pour draguer malin sur la plage. Alors à vous de trouvez celle qui vous convient le mieux !

3 réponses vers «Risques sanitaires liés aux nanoparticules (2/3): où sont les dangers ?»

  1. Kalou dit :

    Bonjour, vos articles sont très instructifs surtout celui ci, qui prend en compte le cycle de vie total des nanoparticules !!! Félicitation pour ce travail ! je m’empresse de faire un post sur mon blog pour parler de vos articles.

  2. Informations sur les nanoparticules ! | Le blog du cosmétique bio dit :

    [...] Risques sanitaires liés aux nanoparticules (2/3): où sont les dangers ? [...]

  3. Duncan dit :

    Merci beaucoup pour votre commentaire et vos liens.

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